Le Sénat américain rejette une tentative de limiter les pouvoirs de guerre de Trump contre l'Iran

Le Sénat américain a rejeté une résolution visant à limiter les pouvoirs de guerre du président Trump contre l'Iran, par 52 voix contre 47. Le républicain Rand Paul a été le seul à soutenir la mesure.
Le Sénat a voté par 52 voix contre 47 contre l'avancement de la résolution sur les pouvoirs de guerre, la dernière d'une série de tentatives des démocrates pour réaffirmer l'autorité constitutionnelle du Congrès sur les décisions de faire la guerre. Le républicain du Kentucky, Rand Paul, a été le seul membre de son parti à soutenir la mesure, tandis que le sénateur démocrate de Pennsylvanie, John Fetterman, a voté contre. Le sénateur républicain Jim Justice n'a pas voté.
La résolution aurait obligé Trump à demander l'approbation du Congrès avant de poursuivre les opérations militaires contre l'Iran. Les partisans ont déclaré que les législateurs avaient une responsabilité constitutionnelle de décider si l'implication américaine dans le conflit devait se poursuivre.
L'administration a fait valoir que les actions du président sont légales et relèvent de son autorité en tant que commandant en chef. La plupart des républicains au Congrès ont repris cette position, tandis que les démocrates affirment que la Maison-Blanche contourne le Congrès sur une décision qui équivaut à une guerre.
S'exprimant avant le vote, le sénateur Jack Reed, principal démocrate de la commission des forces armées, a exhorté ses collègues à soutenir la mesure, avertissant que le conflit pourrait devenir un engagement militaire prolongé. Le président républicain de la commission des relations étrangères, Jim Risch, a rejeté cet argument, accusant les partisans de la résolution d'aider effectivement l'Iran.
C'était la quatrième fois que les démocrates forçaient un vote au Sénat sur une législation relative aux pouvoirs de guerre depuis le début de la guerre. Les efforts précédents avaient rencontré une résistance similaire, Paul étant systématiquement le seul républicain à sortir des rangs.
Le vote est intervenu alors que les efforts diplomatiques pour parvenir à un accord plus large restaient au point mort. Le président Trump a déclaré dans une interview diffusée mercredi que la guerre touchait à sa fin, tandis que le chef de l'armée pakistanaise est arrivé à Téhéran pour tenter d'empêcher une nouvelle escalade après que les récentes négociations de paix se sont terminées sans percée.
Les sondages d'opinion publique ont montré un soutien limité au conflit, en particulier chez les démocrates. Un sondage Reuters/Ipsos publié en mars a révélé que 60 % des Américains s'opposaient aux frappes militaires américaines contre l'Iran, bien que les électeurs républicains aient largement soutenu la campagne.
Le vote au Sénat fait suite à un débat croissant au Congrès sur la gestion de la guerre par l'administration et son programme de politique étrangère plus large. Les dirigeants démocrates ont promis de continuer à présenter des résolutions sur les pouvoirs de guerre jusqu'à ce que les hostilités prennent fin ou que le Congrès autorise formellement une action militaire.
Une mesure similaire a également été examinée à la Chambre des représentants, où un petit groupe de républicains a parfois rejoint les démocrates pour contester l'approche de l'administration face au conflit.
Le différend porte sur la question de savoir si le calendrier du conflit doit être mesuré à partir du début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février ou à partir d'un cessez-le-feu en avril que l'administration estime avoir effectivement réinitialisé l'horloge juridique en vertu de la législation sur les pouvoirs de guerre.
Malgré le dernier défi du Congrès, le vote au Sénat a mis en évidence l'emprise continue de Trump sur la plupart des législateurs républicains, même si certains membres du parti ont montré une volonté croissante de s'opposer à la Maison-Blanche sur certaines questions de dépenses et de politique étrangère avant les élections de mi-mandat de novembre.