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Le projet d'euro numérique de l'UE gagne du terrain dans le cadre des efforts visant à réduire la dépendance vis-à-vis des réseaux de paiement américains

Rédaction Nexus Europa
Publié 23 juin 2026
Le projet d'euro numérique de l'UE gagne du terrain dans le cadre des efforts visant à réduire la dépendance vis-à-vis des réseaux de paiement américains

La Banque centrale européenne développe l'euro numérique pour réduire la dépendance aux réseaux de paiement américains comme Visa et Mastercard, dans le cadre d'une stratégie d'autonomie.

La Banque centrale européenne développe une version numérique de l'euro, avec un pilote attendu autour de 2027 et un déploiement possible plus tard dans la décennie. Elle est conçue comme une monnaie numérique de banque centrale, non comme une cryptomonnaie et non comme un substitut aux dépôts bancaires, et fonctionnerait parallèlement à la monnaie physique.

Le débat porte toutefois moins sur le format que sur l'infrastructure.

Une grande partie des paiements libellés en euros en Europe est encore traitée via des réseaux basés aux États-Unis, tels que Visa et Mastercard, qui dominent les paiements par carte et jouent un rôle central dans les transactions transfrontalières. Cette dépendance est devenue un sujet de discussion croissant dans les cercles politiques de l'UE.

Les responsables ont de plus en plus présenté la question en termes d'« autonomie stratégique », faisant référence à la capacité de traiter les paiements sans dépendre d'infrastructures externes.

Les affaires de sanctions ont également alimenté le débat. Des personnes soumises à des restrictions américaines ont déjà perdu l'accès aux services de paiement mondiaux liés aux principaux réseaux de cartes, ce qui a suscité des inquiétudes en Europe quant à la portée des infrastructures financières non européennes dans des situations politiquement sensibles.

L'euro numérique est présenté par la BCE comme une option de paiement publique qui resterait disponible quelles que soient les décisions prises en dehors de l'UE. Il n'est pas conçu pour remplacer les prestataires de paiement privés.

Parallèlement, le projet comprend des garanties visant à limiter les perturbations du système bancaire. La monnaie numérique ne porterait pas intérêt, et des plafonds sur les avoirs sont attendus afin d'éviter des transferts massifs de dépôts des banques commerciales en période de tensions.

Au-delà des paiements de détail, l'UE travaille également sur une infrastructure plus large pour le règlement d'actifs tokenisés utilisant de la monnaie de banque centrale, dans le cadre d'efforts plus vastes de modernisation des opérations des marchés financiers.

Le projet en est encore au stade de proposition et dépend de l'approbation législative. Les échéances peuvent évoluer en fonction de l'accord politique au sein du bloc.

Néanmoins, l'orientation de la politique est de plus en plus claire, le débat s'étendant désormais au-delà des paiements eux-mêmes pour aborder les questions de contrôle sur l'infrastructure financière sous-jacente.